Julien Dubuisson Duplessis, 05/11/2018

Retour d'expérience du DevFest Nantes 2018

7 minutes de lecture

Voilà deux semaines que l'édition 2018 du DevFest Nantes a eu lieu.

C'est Christian HEILMANN (la personne derrière http://developer-evangelism.com/) qui a débuté ces deux jours de conférences avec la traditionnelle keynote d'ouverture. Il y mentionne, entre autre, le fameux article http://tonsky.me/blog/disenchantment/ qui dresse un portait particulièrement sombre de notre industrie.

DevFest affiche
DevFest ouverture

Cet article a fait débat au sein de Troopers, entre reconnaissance du bien fondé de la plupart de ses arguments et désaveu du fatalisme de l'article. Et c'est là que Christian tape dans le mille : il ne nie pas les problèmes de l'industrie du développement mais affirme que chacun doit "faire sa part" pour améliorer la situation. Par exemple, il rejette l'appellation de "super développeur", de "rockstar". Le travail d'un bon développeur doit être pratiquement invisible c'est-à-dire sans bugs, sans problème de performance, facilement maintenable par un autre développeur.

En voyant le nombre de conférences ayant trait à l'industrialisation, on se dit que les travailleurs du web sont déjà sensibles à ce message. Et cela dépasse la pure écriture de lignes de code ou l'infogérance : d'autres conférences ont abordé les problèmes de lisibilité des contenus et d'expérience utilisateur.

Comment alors devenir (ou rester) un bon développeur ?

Le partage de connaissances joue un rôle primordial : pour soi, mais aussi pour avoir un impact positif sur l'industrie en aidant les autres à progresser. C'est l'intérêt des événements comme le DevFest, des plateformes comme StackOverflow et du logiciel libre. Exit le cliché du développeur asocial, c'est un métier dans lequel on ne progresse que par la communication avec ses pairs. Les clichés et la reconnaissance par les pairs, deux sujets où beaucoup reste à faire.

Alex Qin défend avec énergie la représentation des "minorités" parmi les développeurs. Sa conférence dépasse le tableau alarmiste d'un métier dominé par des hommes blancs en démontrant par l'exemple que la diversité est source de valeur, d'applications répondant a des problématiques négligées et de rencontres enrichissantes. Au delà des efforts personnels, il est également nécessaire d’œuvrer plus globalement, au niveau des standards et de l'industrie entière. Notamment en luttant contre l'obésité des outils, des bibliothèques et des frameworks que nous utilisons.

Alex Qin

Matthieu Lux, pendant son retour d'expérience sur javascript et les navigateurs modernes, annonce que l'outil Babel sert aujourd’hui uniquement à supporter IE11. Combien de sites transpilent leur code pour un navigateur, au détriment de la performance des autres ? Combien de développeurs ignorent les possibilités du web actuel car ils continuent à cibler et supporter des plateformes dépassées ? Quid de tout le code de compatibilité qui vient faire gonfler nos applications ?

Plus proche du travail quotidien d'un développeur, combien de lignes de code mort, de fonctionnalités obsolètes ou trop peu utilisées persistent et alourdissent les sites et applications ? En tout cas, il y a un vrai intérêt autour de cette problématique, puisque la conférence "Comment perdre sa surcharge featurale ?" d'Estelle LANDRY a fait salle comble.

Bien sûr, tout n'est pas que travail au DevFest.

Il y a les stands et leurs goodies, les repas et l'after-party. Tout n'est pas 100% "calculé, productif et rentable". Ne serait-ce que parce que tous ces outils développés avec professionnalisme peuvent être détournés, pour s'amuser et pour se dépasser. Allez donc demander à Étienne CARON et à son projet de rover "martien" qui embarque Android, réalité augmenté et manette de jeu...

buffet
goodies

C'est l'image qui me reste en tête, bien après la fin des conférences. Une communauté qui cherche à stabiliser ses pratiques et à mûrir, sans renier un enthousiasme espiègle.

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